Les Constitutions d'Anderson

La Franc-Maçonnerie moderne - spéculative - est née en 1717 à Londres par la réunion de quatre Loges qui créèrent la première Grande Loge. Son inspirateur, le Pasteur Désaguliers (1683-1739), huguenot français chassé par la révocation de l'Edit de Nantes, confia à un autre Pasteur, Anderson, le soin de codifier les règles de la Franc-Maçonnerie "pour refondre les vieilles constitutions gothiques", selon sa propre expression.
Son travail fut  soumis à l'étude d'une commission de quatorze "frères érudits" en décembre 1721, qui donna son approbation en mars 1722. C'est en janvier 1723 que fut imprimé le Livre des Constitutions.
Epuisé dés 1735, le livre fit l'objet d'une seconde édition revue et augmentée en 1738, puis tout au long des XVIII° et XIX° siècles.
Le passage le plus connu des Constitutions est aussi celui qui a fait l'objet du plus de contresens idéologiques, tant de la part des tenants de l'antimaçonnisme que des tenants de la Maçonnerie irrégulière : " un Maçon est obligé, de par sa tenure, d'obéir à la loi morale, et s'il entend bien l'Art, il ne sera jamais un stupide athée ni un libertin irréligieux". Il est clair à la lecture de cette phrase que la Franc-Maçonnerie, fondée sur la croyance en dieu et la diversité tolérante des religions, ne saurait en revanche accepter athées ou libertins (au sens du XVIII° siècle, c'est-à-dire d'immoralistes ou d'amoralistes), comme l'exprime l'article premier de la règle en douze points de la G.L.N.F.
Le Musée de la Maison des Maçons possède dans ses collections, plusieurs des différentes éditions des Constitutions d'Anderson, ainsi que leurs premières traductions (française, néerlandaise et allemande).