Les Hauts Grades

Les systèmes dits de «hauts grades» constituent plutôt une «invention» française : c’est sur notre terre qu’au cours du XVIII° siècle, sont apparus une multitude de degrés ou grades - parfois très fantaisistes, souvent au contenu initiatique indéniable. Nourris d’apports alchimiques, mystiques, cabalistiques, de réminiscences des antiquités moyenâgeuses, grecques ou égyptiennes, ces degrés ont été progressivement - pour ceux qui ont été retenus - harmonisés, structurés et organisés en systèmes ou Rites qui proposaient au Maître Maçon, au delà des trois premiers degrés, la poursuite de son cheminement spirituel et moral. Les trois principaux sont le Rite Ecossais Ancien et Accepté, le Rite Français et le Rite Ecossais Rectifié. Ayant parfois (pour les deux derniers) connus des éclipses plus ou moins longues, ils sont, en tout cas, pratiqués de nos jours.

S’il ne convient pas ici d’entrer dans le détail, ni de l’organisation, ni des thématiques, ni de l’histoire de ces Rites, il est possible de souligner leur grand apport commun par rapport à la Maçonnerie des trois premiers degrés, celle du Métier (Craft en anglais) : c’est la Chevalerie, une chevalerie spirituelle, initiée par le célèbre discours du Chevalier de Ramsay qui faisait remonter la Franc-Maçonnerie aux Croisades. Ces degrés de chevalerie connurent un succès immense dés leur apparition. En effet, outre la satisfaction personnelle qu’ils offraient aux Frères roturiers, ils permettaient de pratiquer en Loge une fraternité et une égalité «par le haut» que les structures de la société civile interdisaient.

Si le degré de Rose+Croix illustre au mieux, dans les Rites qui le pratiquent, cette aspiration à la chevalerie spirituelle, d’autres degrés chacun spécifique à son système de Hauts Grades témoignent de la même aspiration et de la même volonté de perfectionnement.

Par ailleurs, la Bibliothèque du Musée de la Maison des Maçons comprend de nombreux ouvrages exceptionnels, ainsi que de nombreux manuscrits des Hauts Grades.