La verrerie

Au delà des formes très diverses qu’il peut présenter, au delà même des symboles qui peuvent être gravés sur son calice, le verre maçonnique présente souvent une caractéristique majeur : l’épaisseur de son pied. En effet, lorsqu’une «santé » est portée durant l’agape, il est de tradition de reposer son verre en le tapant sur la table : un pied fragile n’y résisterait pas longtemps !

Les Loges militaires des régiments de l’Empire qui usaient, lors des agapes, d’un vocabulaire martial très codifié pour désigner « les travaux de table », popularisèrent dans toute l’Europe continentale le surnom donné au verre maçonnique : le « canon » ; c’est encore ainsi qu’il est désigné de ce côté de la Manche, tandis que les maçons britanniques parlent de « firing glass ». Si, le plus souvent, le calice de ce dernier est en forme de trompette et son pied est épais, plat et circulaire, les «canons» présentent des formes plus diverses avec une jambe épaisse faisant corps avec le calice et le pied souvent travaillé à facettes.

Une autre catégorie de verres maçonniques est constituée, à partir du début du XIX° siècle, par les verres à rhum, « rummer », aisément reconnaissable à la largeur de son calice et à sa jambe courte.

Verre ou cristal, blanc ou de couleur, parfois doré, gravé ou dépoli, le verre maçonnique présentera des formes diverses selon son origine géographique et sera plus ou moins chargé en éléments symboliques selon l’habileté de l’artisan. Mais toujours, il laissera miroiter le mystère de la lumière qui fascine et retient l’œil.