L’'art du feu

Si toutes les faïenceries de France, ou peu s’en faut, produisirent au XVIIIème siècle des services de tables ou des pièces de décoration maçonnique, c’est naturellement les pièces provenant de Moustier qui retiennent le plus l’attention, car sa faïence «passe pour la plus fine du Royaume», comme l’écrivait Delaporte, à la veille de la Révolution. Ce sont des faïenceries de Moustier qui produisirent le célèbre «service aux 25 symboles», dont le Musée possède trois assiettes, mais aussi une pièce unique, une gourde polychrome des années 1780 (présentée dans la partie vitrine), qui présente de nombreux symboles maçonniques,;


Si l’usage premier des pièces de table était d’être utilisées lors des agapes, il faut noter que rapidement, leur beauté incita leurs propriétaires à en user comme objets décoratifs. Si aujourd’hui encore certaines Loges disposent de service personnalisé, d’autres font réaliser des assiettes commémoratives à l’occasion d’évènements marquants (création, anniversaire,...).

Les collections du Musée comprennent notamment une magnifique série d’assiettes en faïence de Creil datant de l’Empire, chacune symbolisant un degré de la Franc-Maçonnerie : des trois premiers degrés symboliques jusqu’aux hauts grades.

A côté des faïences françaises, il ne faut pas négliger les faïences anglaises de la même période ; les fabriques britanniques (Wedgwood, Liverpool, Sunderland,...) généralisèrent des méthodes de production industrielles qui permettent de disposer de nombreuses pièces datant de la fin du XVIII° siècle et du début du XIX°. 

Par ailleurs, au XVIII° siècle, l’intensification des échanges avec la Chine provoqua un engouement sans précédent pour la porcelaine ; il fit la fortune des différentes Compagnies des Indes qui approvisionnèrent la haute société européenne, d’abord avec des pièces à décor chinois, puis, avec des pièces toujours réalisées en Asie, mais à décor européen. Naturellement, parmi ces dernières, se trouve des services ou des pièces à décor porteurs de symboles maçonniques.,

Après que le procédé de production de la porcelaine à partir du kaolin fut découvert en 1710 en Saxe, de nombreuses manufactures se créèrent dans les principaux pays européens, dont la France. A leur tour, elles fournirent de nombreuses pièces à décor maçonniques, dont les plus recherchées proviennent, sans conteste, de la manufacture de Meissen en Saxe. Le Musée présentent plusieurs exemplaires magnifiques de porcelaines provenant de Chine, de Saxe ou de manufactures françaises et dont les fleurons sont sans conteste les deux statuettes de l’Ordre des Mopses présentées dans la partie vitrine de ce site.