Bijoux de pontons et noix de coco

Le rapprochement entre les termes de bijoux de pontons et de noix de coco peut surprendre, et pourtant il existe un lien profond qui unit ces deux types d’objets ; ils témoignent tous deux de la détresse humaine et de la consolation que la Franc-Maçonnerie peut apporter à des Frères en difficulté.

Lors des guerres de la Révolution et de l’Empire, les prisonniers français furent parqués sur des navires anglais démâtés – les pontons, dans des conditions extrêmes : promiscuité, saleté, famine, maladies furent le lot de ces malheureux. Les Francs-Maçons qui partagèrent cette souffrance trouvèrent dans l’organisation de tenues maçonniques l’occasion de retrouver leur dignité humaine. Manquant de tout, ils confectionnèrent avec les moyens du bord ( c’est le cas de le dire !) tout ce dont une Loge a besoin pour pouvoir se réunir. Libérés et rendus à la vie civile après l’Empire, certains, pour subsister, continuèrent de réaliser ces bijoux de ponton représentant les symboles figurant sur le tapis de Loge, à partir de cheveux, de bouts de tissu ou de carton.

En d’autres temps et d’autres lieux, parmi les bagnards se trouvèrent des Francs-Maçons relégués – et pas uniquement après la Commune. Les bagnards pouvaient améliorer leur ordinaire en vendant des objets qu’ils avaient réalisée, tout un petit artisanat réalisé à partir de leur environnement. C’est ainsi que des noix de coco ou de corozo furent gravés de signes maçonniques, à côté de bateaux, symbole de liberté ou de figures humaines (personnages historiques comme Louis-Philippe ou Napoléon ou, plus simplement l’épouse lointaine…)